Le système des castes
répond finalement à une aspiration que chaque homme partage, nous voulons la
paix. Ne dit-on pas que l’on va en Inde se réconcilier avec soi même, trouver
des réponses, trouver la réponse ? Les hordes d’occidentaux se divisent en
deux cohortes, les touristes sensoriels, qui recherchent du jamais vu, du
nouveau. Les autres viennent y boire une eau qu’on pense éternelle et
originelle. « Ces gens là vivent depuis des millénaires de la même
manière, peu d’incidents climatiques, une très large population, un pays de
cocagne, dont la preuve est tout bonnement la densité et le nombre d’hommes ».
Or on ne peut pas survivre dans de telles conditions si on se cantonne aux
règles connues aujourd’hui. Une organisation dénuée de changement qui aurait pu
subsister des millénaires doit avoir du bon. Et surtout elle doit éviter tout
conflit. Comment éviter tout conflit si ce n’est en annihilant le désir, le
progrès comme on l’entend, la croissance ? Tout d’abord, les castes sont
une réponse à la volonté d’une société sans argent. On divise, on répartit, on
récompense selon la tâche. Chacun troquant son travail contre un bien, un
service. Tu es là, je suis là. Rien ne s’amasse donc rien ne se désire à part
peut être l’amour et le jeu. En cela, n’intervient aucune infériorité a priori,
aucune hiérarchie, juste une toile de réseaux et de coutumes qui se paie même
le luxe de n’être pas codifié et enseigné, juste reproduit. L’école ?
Juste vivre et observer. Mais une hiérarchie comme celle là appelle une mythologie,
point de départ d’une morale, qui dessine la société, ou l’inverse, on ne sait.
La mythologie créé des conflits mais y répond. D’une part, elle codifie l’être,
le non être. Le sacré, le profane. Le privé, le public. De l’œuf ou de la
poule ? On sait que la mythologie énonce des principes par des dieux, des
rituels, des interdits, du dégout. Dès lors, la division des métiers devient
difficile à tenir. Le yoga, l’hindouisme, placent bien évidemment le monde de
l’esprit au dessus de tout. On atteint un état de renonciation au monde. Or
certains sont dans leur métier plus ancrés dans les choses que d’autres. Le
barbier, l’éboueur, le croque-mort, sont plus au contact des réalités qu’il
faut dédaigner que le savant qui ne s’occupe que de l’esprit et des choses
célestes, le militaire qui est la base du système, le défendant de l’ennemi extérieur
et de l’ennemi intérieur qui pourrait le vicier. Peut être le risque est-il aussi important
dans la répugnance aux basses tâches, tout comme la défense de la viande a des
conséquences sanitaires. Pourquoi celui-là est prêtre ? La question a peut
être été posée, peut être pas, toujours est-il qu’on y a donné une réponse. On
donne une réponse à tout ce qui pourrait être demandé. Le dégout de n’être
toute sa vie que cantonné au corps et ses ordures, cheveux, excréments,
déchets, alors que la mythologie à laquelle on appartient place la pensée au
sommet de tout ne peut être atténué que par la mythologie elle-même. Or d’une
part, on répond déjà par la renonciation à toute chose matérielle. Et puis, la
mythologie s’organise en cycles, cycles historiques, cycles de temps, cycle de
vie. Je suis l’éboueur mais ai été autre dans une autre vie, serait autre dans
une autre vie. Tout ceci fait partie du même ordre. Je sens et vis des émotions
passagères, ce n’est rien. A cela s’additionnent les notions de bien et de mal
et on obtient une organisation en trois dimensions qui nous fait être là plutôt
que là. L’abscisse est le temps cyclique, l’ordonnée la valeur de bien et de mal.
Je m’explique par ces deux notions. Puisqu’il n’y a pas de début, je ne cherche
pas de raison à ma présence et par conséquence aux choses comme elles vont.
Puisqu’il n’y a pas de fin, toute accumulation est superflue, tout progrès
autre que vers la sagesse est inutile. L’ascension ou la descente qui définit
toute la vie d’un juif ou chrétien n’a plus de sens. Tout se rejoint et c’est
par une acceptation complète du cycle que la fin arrive, non comme un jugement
mais comme une reconnaissance. L’enfer est déjà ici, toute fin sera une
bénédiction. Et pour qu’elle arrive, mieux vaut être patient et prendre le
masque que l’on nous tend pour cette vie. Il serait faux de penser que l’hindou
se dit « à quoi bon ? », il sait que cela est bon. Mais
l’absence de conflit veut-elle dire le bonheur ? C’est bien une question
ici. On ne sait qui décide, qui décida, probablement personne et tous. Citez
une chose qui vous manquerait : vaut-elle la guerre éternelle ? Gesticuler
dans l’adolescence ne mène pas loin, la maturité viendra, comme elle est déjà
venu. Il faudra longtemps avant que le monde se calme et revienne finalement à
la paix, mais elle reviendra, et qui fermier, qui sabotier, qui barbier, chacun
a une place là bas.
mardi 24 avril 2012
La pensée, la vraie, la dure!
Je finissais
tranquillement mon mémoire de fin de Master sur la souffrance au travail,
alternant lecture de Christophe Dejours, recueils d’interview, et écriture de
mes trois mille mots quotidiens quand BOUM, le candidat Sarkozy nous balance un
pavé philosophique dans la mare. Le premier mai, on va faire la fête de ceux
qui travaillent, mais pas de n’importe lesquels, de ceux qui travaillent DUR.
Oulah, le joli concept, le bel adjectif plein de sens ! Le feu d’artifice
laisse dans les yeux des badauds des paillettes de reconnaissance et des promesses
de récompense tant méritée, tandis que dans les miens une admiration nouvelle
pour le plus grand philosophe/sémioticien/publicitaire de 2012.
Mais c’est bien sûr, le
pouvoir d’achat, la croissance, les trente glorieuses, on va aller les
décrocher telle la queue du Mickey dans un manège en se délestant enfin de ce
poids lourd, de cette f(r)ange de la population qui ne fait rien de ses
journées et attend la fin de Melrose Place pour aller toucher son chèque de
RSA. Ils sont pleins, ils sont partout, engluant les ressorts de la machine
bien huilée et parfaitement conçue pour faire sortir la France de la crise, la
politique de Sarkozy. On pensait qu’on avançait pas alors que comme des idiots
on n’avait même pas vu qu’on avait un vieux chewing gum collé sous la semelle !
Alors t’ajoutes à ça les immigrés qui viennent manger le pain des Français (ah
oui attention, c’est une baguette invariable pour toute la population française
alors faut pas commencer à faire la charité aux oiseaux migrants venus du Mali
ou de Bhoratland !) et le problème est réglé. Pif Pouf !
Mais j’étais là (heureusement !)
et, je pourrai le répéter devant témoins, il y a un petit problème. Bon déjà,
voir le bassin d’emploi d’un pays comme un gâteau qui ne grandit pas si il y a
plus de gens qui viennent y travailler zéreufore y consommer relève de la
logique d’élève de seconde avant son premier cours de Sciences Economiques et
Sociales. Ça c’est fait. Mais en plus, le Nicolas me donne un argument en or
pour ma dissertation. En gros, t’as le travail, BAM ! Ben non pas bam. A
quoi il sert ton travail ? Est-ce qu’il se passe dans la justice, dans la
liberté ? Est-ce que le but du travail est légitime ? Parce qu’on en
connaît qui travaillaient et qui ont eu des problèmes. Ils mettaient du zèle à
l’ouvrage les fonctionnaires munichois, les policiers cambodgiens, les
scientifiques à El Alamo, j’en passe et des meilleurs (au dessus de mes
exemples t’as le soleil donc pas besoin de faire des comparaisons douteuses).
Alors ? Sinon ?
Ils se lèvent tôt pour travailler ! Ah c’est intéressant, c’est quoi tôt ?
Si tu te lèves à trois heures du matin mais que tu bosses un quart d’heure et
que tu retournes te coucher ça va ? Et tôt pour quoi ? Pour qui ?
Bon, soit, on va dire que tôt c’est avant que les commerces et industries à l’heure
française ne se mettent en route, qui vers la vente de Rapido, qui vers le
démarchage téléphonique pour vanter les mérites de Damart… Pourquoi ce serait
bien en soi ? Mystère… Donc tôt, ensuite ? Dur ! Logique, si on
se lève tôt on bosse dur, c’est inhérent au phénomène de réveil, c’est prouvé
scientifiquement et empiriquement tous les matins. Ah non là non ! Bon
donc résumons « travailler dur ». Rappelons que quand on est candidat
à la présidence de la république c’est qu’on veut faire appliquer sa vision à
la France. Donc la vision d’un système bon, pour Nicolas, ce sont des gens qui
travaillent dur point-barre. D’une part ça sous-entend que les dirigeants « dirigent »,
c’est le cas de le dire, bien le travail. Le travailleur lui c’est un fou, il
va dans une direction, vite, dur, le patron il oriente son travailleur contre
le mur qu’il doit démolir par son travail tôt et dur. C’est pas tes oignons le
sens de ton travail, c’est celui de ceux d’au dessus, laisse leur le boulot.
Mais il y a un problème :
on a beau bossé dur et tôt, on n’est pas beaucoup plus heureux. En fait on l’est
de moins en moins, et on rage de plus en plus. Ben oui, il y a pas de récompenses
pour ceux qui font avancer le schmilblick et l’injustice est partout. Ceux qui
perdent leur travail n’en retrouvent pas, ceux qui travaillent plus se font
virer (genre contrat Continental garantie faux cul) et les autres ont juste
peur alors mouftent pas quand on leur en demande toujours plus, tou-jours
peulusse !
- Bonjours M. Dejours (c’est
pas vraiment lui j’ai pas son adresse et je veux pas l’embéter, c’est moi en
fait qui répond), oui, quelque chose à nous dire ? - Oui, euh, juste un
point rapide, voila, j’ai juste démontré dans masse de cas que la souffrance au
travail, quand elle ne peut être combattue, devient une fermeture sur soi-même
et une absence de remise en cause des mécanismes de l’injustice, qui incite à
se plonger dans ces mêmes mécanismes et appliquer son travail avec encore plus
de zèle. En gros, on fonce dans une direction pour ne pas avoir à regarder sur
les côtés, poussés par la peur notamment de perdre son travail. S’il n y a
aucun intérêt dans le travail, j’en créé un en y mettant la notion de courage.
Courage en soi. Courage de travailler plus, de ne pas s’arrêter, voire de faire
souffrir les autres (licenciement, harcèlement) pour prouver sa bonne volonté.
Le travail indifférencié devient la seule valeur, indiscutable puisque la
remettre en cause revient à faire ré-émerger la souffrance camouflée par mon
ardeur. Ainsi, plutôt que de se demander si ce que je fais est utile, bon ou
autre, je me dis juste que je suis « courageux », donc « travailleur »,
sinon je replonge dans des angoisses pas croyables. Alors pensez donc, l’idée
même de gens qui ne travailleraient pas et remettraient donc en cause mon
courage me fait horreur, et je me dis qu’on ne va tout de même pas récompenser
des « tapettes ». Oui je lie aussi mon exposé aux notions de virilité
et de rejet sexiste de celui qui refuse de participer à l’injustice ou au
risque que je fais augmenter par mon entêtement. Exemple assez simple : l’ouvrier
du bâtiment qui refusera de travailler faisant remarquer qu’il n’a pas de
casque sera traité de « pédé », de « lavette », alors que c’est
le seul qui a le courage d’élever une voix discordante, mais dangereuse pour
ceux qui se complaisent dans leurs ornières par souffrance. (Souffrance en France,
Points, 1998) - Donc en fait, instaurer une fête du « vrai » travail,
c’est participer de ce mécanisme, créer de la souffrance et dénoncer des « mauviettes »
même pas français ? - Ben c’est évident (c’est moi qui parle toujours
hein, pas Dejours).
D’une part, on éloigne
les problèmes liés à la souffrance au travail et en général, au sens, au projet
pour le pays en y opposant un concept bourré de présupposés nauséabonds et en
organisant une récompense « bon Français » sous la forme d’un
discours plein de « bon sens » et d’un rassemblement parisien. D’un
autre côté on développe une réponse dangereuse pour la colère des gens en les
approuvant dans leurs non-choix d’une société de merde (pas d’autre mot) et
créant des boucs émissaires, des « lavettes ». « Lavettes »
incluant ceux qui voudraient légitimement discuter ces notions avant de foncer
toutes voiles au vent vers Moby Dick. Et à la fin, on a rien réglé de la
situation et on créé des fantasmes et des frustrations pour tenir les
Jean-Pierre et Isabelle bien tranquilles, en laisse.
Bref, Hollande a aucune
chance si ce n’est envoyer un exemplaire de l’ouvrage suce-nommé (je pense
avoir fait les deux) ou d’expliquer droit dans les yeux, avec une phrase de
malade, le paradoxe de la machine Sarkozy. Bonne chance vieux, d’autant que, faisant
partie des privilégiés (je me lève vers neuf heures du mat’ et j’écris des
trucs, donc je ne travaille pas vraiment vous en conviendrez) je voudrais
continuer encore longtemps à sucer le sang des pauvres contribuables en prenant
le bus et marchant sur des trottoirs payés par leurs soins, hin hin hin !
A toi
On va peut être arrêter les
balivernes et parler sérieusement. Tout d’abord cela va faire cinq ans que vous
êtes là, il faudrait voir à ne pas l’oublier et à ne pas revenir devant les
Français avec un discours comme un refrain de mauvaise chanson d’amour : « Je
peux changer ». Qu’est ce qui va changer exactement ? Qu’est ce
que vous n’avez pas pu faire en cinq ans que vous pourriez faire maintenant ?
Devant vous, on a envie de dire bravo, excellent candidat. Seul hic, les
Français en ont assez des candidats prodiges qui se transforment en présidents
cancres. On ne compte plus les promesses faites qui n’ont pas été tenues.
Regardons dans les rues,
dans les campagnes la France de 2012. Quelle joie chez nos concitoyens !
Quelle prospérité ! Quel pouvoir d’achat ! Plus un sans abris à la
rue n’est-ce pas ? Une France rassemblée, puisqu’ensemble, tout était possible !
On ne peut pas vous donner tort. Le rassemblement est nécessaire et beau, c’est
la France, c’est la France comme on l’aime ! Seul petit problème, ce
rassemblement vous n’avez jamais su le faire, on peut même penser que vous n’avez
jamais voulu le faire ! Mais pensez donc ! La crise ! Et puis
l’Europe ! Et puis vous ne vous rendez pas compte, on ne peut rien faire !
Eh bien si, on peut faire lorsque l’on a des idées qui vont à plus long terme
que les deux mois précédant l’élection. Lorsqu’on a une idée pour la France, et
pas seulement pour un cercle de privilégiés.
Mais soit, du passé
faisons table rase, c’est ce que vous nous proposez non ? On oublie tout ?
On oublie la division de la société entre riches toujours plus riches et
pauvres toujours plus pauvres qui n’avait jamais été telle que durant les cinq
dernières années. On oublie les délocalisations massives, les actionnaires aux
mains pleines et les 1 millions de chômeurs supplémentaires. On oublie !
Si Jacques Chirac tenait à appeler François Mitterrand un « simple
candidat » en 1988, pour lui enlever la prestance du président de la
république, on a envie de faire la même chose pour vous, mais pour vous aider,
pour ne pas vous mettre dans l’embarras en vous rappelant que vous avez été le
président pendant cinq longues années. Mieux vaut ne pas se targuer de l’action
présidentielle, de la stature que vous avez donnée à la fonction, les
concitoyens ont fait les frais de cette berlusconisation, mieux vaut ne pas y
revenir. On oublie.
C’est formidable de
pouvoir oublier comme ça, d’un jour sur l’autre. De pouvoir être pour puis
contre. L’Europe, le vote des étrangers, j’en passe et des meilleurs. Seulement
la politique ce n’est pas l’oubli, car il y en a qui ne veulent pas être
oubliés sitôt le soir du 6 mai, ce sont les citoyens, qu’on évitera de voir
comme de simples « électeurs ». Ils en ont tout bonnement assez de l’oubli
perpétuel, de la compassion, de la condescendance. Mais bien sûr que je vous
comprends, dira-t-il. Vous souffrez, vous êtes en colère, vous n’en pouvez
plus. Venez vers moi les égarés.
Après le large score de
la candidate du Front National, on a eu droit à toutes les interprétations !
On dit de ces électeurs qu’ils sont fermés, qu’ils n’aiment pas les
immigrés, et donc on se targue de pouvoir leur donner ce qu’ils veulent par des
politiques de lutte contre l’immigration. Nicolas Sarkozy est le seul à avoir
une politique migratoire, en face c’est régularisation et fin des frontières.
Mais enfin de quel programme parle-t-on ? Les journalistes se grattent la
tête et fouillent notre programme jusque dans les plus petits alinéas. Mais où
est-ce qu’ils parlent de régulariser les immigrés massivement ? Je vais
les aider et leur épargner des nuits sans sommeil, cela n’est nulle part dans
le programme ! Par contre ce qu’on oublie et passe sous silence, c’est que
chez nous non plus on n’aime pas beaucoup certains flux migratoires. On n’aime
pas beaucoup les exils dans les paradis fiscaux, où les plus riches vont cacher
leur argent pour ne pas participer à l’effort national. Parce que l’effort, ce
n’est pas seulement celui qu’on met dans son travail, c’est aussi l’effort qu’on
met dans la nation, et sur ce plan là, on peut dire que certains parviennent
facilement à se défiler. On n’aime pas non plus les migrations de ces grandes
compagnies françaises qui vont à l’étranger, et finissent par payer moins de 5%
d’impôt sur les sociétés tandis que la PME française qui essaye de se
développer doit en payer 30-40%. Qu’est ce qui a été fait pour en finir avec
cette migration qui se passe depuis des années au nez et à la barbe de l’Etat ?
Rien ! Les migrations de poste, les migrations de poste ! Ça non
plus, on ne peut pas dire que nous les aimions beaucoup. Il n’y a qu’à faire un
petit tour à Gandrange, qu’est ce que vous en dites ? Vous les aimez bien
les ouvriers de Gandrange, et puis vous leur avez dit que, pour sûr, les
emplois allaient rester. Mais ils sont où les emplois de Gandrange exactement ?
En tout cas, ils ne sont plus en Moselle, ils ne sont même plus en France ni en
Europe d’ailleurs. C’est bien de vouloir fermer les frontières à des pauvres miséreux,
et puis c’est facile, ça ne mange pas de pain comme on dit. Mais quand est-ce
que les flux financiers et les emplois seront soumis au même régime ? Les
étrangers ne viendront pas voler le boulot des Français ! Ah ça
évidemment quand tous les postes auront été délocalisés, il n’y aura plus rien
à voler ! L’immigration que nous n’aimons pas, ce sont ces multinationales
qui viennent s’implanter en France pour toucher les subventions et repartent en
laissant les employés sur la paille. L’immigration que nous n’aimons pas, c’est
un dictateur reçu en grande pompe dans les jardins de l’Elysée, l’un des lieux
les plus sacrés de la République, où il est accueilli en ami et plante
impunément sa tente. Voilà, l’immigration que nous n’aimons pas !
Quand allons-nous en
finir avec cette politique de l’autruche ? Du bouc émissaire ?
Vous souffrez ? Vous
n’allez pas bien dans votre travail ? Vous ne gagnez pas assez ? Oui
mais regardez, ceux là, là. Ils ne font rien et gagnent autant que vous, c’est
pas normal ! Il faudrait s’en prendre à eux d’abord ! Et puis
ceux-ci, ils sont pas nés ici et ils viennent vous voler votre emploi !
Allez, plus d’argent pour les uns, les autres dehors ! Comment ça vous n’êtes
toujours pas contents ? Ah bon, vous avez toujours autant de mal pour
vivre ? Plus ? Et vos enfants n’ont pas d’avenir ? Mais ça ne se
peut pas, il n’y a plus un seul fainéant, un seul profiteur, un seul assisté en
France ! Ou bien, peut être qu’il y en a d’autres, que le problème ce sont
les syndicats, les gens qui ont une autre religion ? Mais arrêtons ! Quand s’attaquera-t-on aux
vrais problèmes une bonne fois pour toutes ? Les Français peuvent vraiment
se poser cette question.
Pour ce qui est des
réponses, nous en proposons une. On a essayé, sans relâche, de faire croire que
nous n’avions aucun programme, mais pardon, on va peut être enfin pouvoir le
dire, finalement, (tout bas) on a un programme. Ce programme il est vaste et on
aura le temps d’y venir durant le débat, ce dont, je vous l’avoue, je me
réjouis. On pourrait l’aborder tout de suite par des points forts mais, ce n’est
pas une publicité pour de la lessive, nous allons le détailler et pas seulement
bourrer le crâne avec quelques arguments massues. Ce programme, c’est la
réponse en laquelle nous croyons, et à laquelle on ne vous demande pas d’apporter
un vote inconscient, un vote de rejet, un vote de colère. La colère et le rejet
peuvent être à la base de votre action mais la solution doit être choisie de
façon lucide et apaisée. Je ne vous
demande pas forcément de voter pour ce projet, je vous demande de l’entendre,
de le lire, d’en débattre. Et une fois que vous l’aurez fait, si vous sentez
que c’est une réponse pertinente à vos attentes, à l’avenir de la France, eh
bien, venez nous demander un engagement, l’engagement que nous ferons ce que
nous disons, prenez nous pour responsables. Mais attention, si vous venez aux
urnes avec une idée toute faite, des rêves pleins les yeux, sans savoir ce que
le projet que nous vous proposons peut apporter, je préfère que vous ne votiez
pas pour nous. Je vous le dis tout de go, ce qu’il y a dans notre projet, nous
l’appliquerons, donc ne venez pas vers notre vote par le rejet, mais par la
confiance. La confiance dans une autre voie possible, la confiance dans une
politique qui redevient la politique et plus une suite de campagnes et d’élections.
Une politique où les différents courants de la société sont représentés, et
plus seulement une voie unique, assourdissante, sans discussion possible. Je le
dis aux Français qui ne voteront pas pour moi, je vous reverrai dès le 7 mai,
car avec moi, la politique et les discussions sur l’avenir de la France ne seront
pas cantonnés, repoussés sans cesse aux élections présidentielles. Chaque
assemblée, chaque corps législatif, chaque citoyen doit retrouver la place qui
est la sienne, dans la construction de la France. Ce n’est pas un vote facile,
c’est un vote responsable, mais également responsabilisant. Vous donnez une
responsabilité inouïe au nouveau président, qui n’est plus issu de calculs
politiques, de marketing et d’arithmétique d’élection, mais d’un choix humain
et responsable.
Pour qui que vous votiez,
je vous propose de partir sur de vraies bases, passés les discours qui vous
promettent des merveilles en continuant avec toujours plus de ce qui n’a jamais
marché, passée la cargaison des boucs émissaires, passés tous les faux
semblants sur de vrais débats. Nous avons deux semaines magnifiques devant
nous, remplies d’espoir, mais surtout profondément politiques, au cours
desquelles les fondements de notre nation doivent être rétablis. Alors informez-vous,
discutez, débattez, chez vous, dans vos entreprises, dans les cafés, dans les
transports en commun, partout. Je m’adresse aux indignés, à ceux qui disent
assez et je leur dis : c’est un printemps magnifique qui commence, donnez
vous les moyens de le faire durer.
Inscription à :
Articles (Atom)